De retour de Millésime Bio

28 01 2011

Et en transit 24 heures avant d’aller à Angers pour La Renaissance des Appellations. Très bon cru ce salon Millésime Bio 2011 :  riche de rencontres et de belles dégustations (même si un méchant rhume à gâché mon plaisir…) Plus je découvre les vins du Languedoc et plus je rêve de cultiver quelques ares de vignes là-bas (c’est de ta faute Émile, fallait pas me faire déguster ton 100% Cinsault et me parler de tes vignes…). Merci à tous ceux qui sont venus déguster nos vins et un grand merci à Eric ! Comme ce jeune stagiaire talentueux est un peu masochiste, il repart demain avec moi. Pas facile comme métier…



C’est pas tout bio

21 01 2011

En ce début d’année, fleurissent dans la presse et la blogosphère un nombre impressionnant d’articles, de nouveaux sites, qui vantent l’accroissement plutôt impression de nombre de conversions d’exploitations viticoles vers la viticulture bio. Il y a là de quoi se réjouir me direz vous. Vive l’impact du Grenelle de l’environnement et celui de la prise de conscience des viticulteurs sur des pratiques culturales respectueuses et durables.

Et bien, quitte à passer pour l’avocat du diable, je ne me réjouis pas trop. Ne soyons pas naïfs, même si certaines de ces soudaines conversions sont le fruit d’un vrai sentiment écologiste…je n’en suis pas si sûre. Les sirènes du marketing frappent de plus en plus fort et bon nombres de gros négoces, de coopératives et de domaines se disent qu’il vaut mieux prendre le train très vite…plutôt que de perdre des parts de marché. C’est, après tout, économiquement raisonnable, mais éthiquement criticable.

Surtout que l’on sait très bien que ce sont les valeurs, le sens porté par le « AB » qui déterminent les consommateurs (vous et moi) à acheter bio.

Il s’agit également de profiter d’une législation qui, hélas, en matière de production agricole bio, sera de plus en plus laxiste. De plus,  les laboratoires qui travaillent sur les phytosanitaires ne sont pas tout fous non plus. Il y a de l’argent à faire sur des molécules suffisamment « presque propres » pour être admises dans le cahier des charges de la bio. Alors vers quoi marchons nous ?

Une bio à deux vitesses : une bio industrielle et une bio terroiriste.  Une bio où les producteurs devront être capables de proposer aux grossistes des bouteilles à 1.50 €, et celle où les vignerons se décarcasseront encore longtemps pour produire un vin fidèle à leur terroir, et surtout fidèle à l’idée qu’ils se font du vin.

Car la dénomination « vin bio » est « le » mensonge à la source de toutes ces dérives. Le vin bio n’existe pas. Ce sont les raisins qui le sont. Il n’y a aucun cahier des charges qui régisse le travail en cave. Vous pouvez trouver des bouteilles avec le fameux logo AB dont le vin a été fait le plus technologiquement et industriellement qui soit.  Voilà pourquoi Bruxelles a laissé tomber l’année dernière la concrétisation de la mise en place d’un cahier des charges sur une vinification bio. Trop de pression, trop de désaccords entre, je sais, c’est très manichéen, mais c’est comme ça, les petits et les gros. Les petits qui travaillent en prenant le maximum de risques en cave, les gros qui veulent et la sécurité, la standardisation et le pas cher. C’est résumer à grands traits, mais le débat est plus que vaste.

Bientôt, tout le monde produira du bio, grands, moyens et petits. C’est déjà complexe pour le consommateur de comprendre la planète vin. Cela ne va pas s’arranger. Surtout que tout le monde désormais s’intéresse plus au chant des sirènes du marketing qu’à vraiment comprendre le travail du vigneron. L’étiquette contre la connaissance. Le buzz contre le savoir-faire. Car les moyens de la communication responsable et propre, ce sont ceux qui disposent des finances qui la font la mieux, et ce sont donc eux les plus percutants. Le logo de Mac Donald est vert maintenant, alors qu’il était rouge avant…Tout ceci pose question.

C’est aussi pour cela que nous souhaitons développer l’accueil au domaine (oenotourisme en langage marketing) pour partager la connaissance de notre métier. Et c’est aussi pour cela que nous réfléchissons à rejoindre des labels privés, qui seront aussi une reconnaissance de ce que nous faisons en cave. Dire ce que l’on fait ne suffira bientôt plus.

Car voyez vous, notre monde est tel que c’est celui qui tente d’être au plus proche de ses convictions (raisins bio, vins naturels pour grandement résumer), et d’une agriculture, somme toute, très proche de ce qu’elle était avant les années 50, qui doit en apporter la preuve. Et payer pour cela, forcément…

Tout cela m’interpelle, pas vous ?



Un très beau week end

17 01 2011

Cela faisait de semaines que nous attendions une météo enfin clémente pour sortir et travailler avec la jument. Samedi Jean-Daniel a sorti quelques outils pour l’entraîner. Pas de travail véritable car les sols sont détrempés et c’est de toute façon trop tôt en saison pour faire du bon boulot. Et hier, superbe promenade en calèche dans une belle lumière. Cela fait beaucoup de bien. La jument était pleine d’entrain. Quand nous partons comme cela, de bon matin…nous irions au bout du monde…



Le domaine au fil de saisons

15 01 2011

Certains visiteurs nous disaient encore récemment « Mais après les vendanges…vous êtes en vacances ? ». Oui bien sûr, nous partons quelques mois à la Réunion, histoire de revenir en forme pour les vendanges suivantes ! Trêve de plaisanterie, notre métier, la façon dont nous avons choisi de le mener (c’est à dire sans salarié à temps plein sur le domaine), ne laisse que peu de place au repos. Nous sommes tous les jours sur le pont et cela fait trois ans que nous n’avons pas pris un jour de vacances ! Il faut tenir compte du fait que nous « avalons » une filière entière : de la production, la transformation, le conditionnement à la vente.

De décembre à avril, c’est la période de la taille. 6600 pieds par hectare, je vous laisse faire le compte. Il faut tailler mais aussi retirer des fils les branches coupées,  les brûler ou les entasser dans les rangs pour ensuite passer le broyeur. Avant d’attacher les branches choisies et laissées sur le cep, il faut réparer les fils et les piquets qui ont été cassés, enlever  et brûler les ceps morts. C’est une grande période d’activité manuelle, où les vignerons ne comptent pas les kilomètres parcourus à travers les vignes. La taille est capitale car elle détermine bien sûr la quantité (et qualité) de la récolte à venir, mais aussi la pérennité du cep. C’est le travail préféré de Jean-Daniel. Chaque pied est unique et demande réflexion. Il faut aller vite tout en ne se trompant pas. Pendant ce temps, je prépare la saison commerciale à venir et surtout les salons professionnels. En cave, certains vins ont déjà bien entamé leur élevage et d’autres terminent leur fermentation. Il faut chaque semaine ajuster les niveaux dans les fûts (c’est ce qui s’appelle le houillage), déguster pour s’assurer que tout se passe bien (surtout quand on vinifie et élève les vins sans soufre). A suivre…quand le printemps revient…



Salons pour les professionnels

5 01 2011

Le début d’année reste le moment incontournable des salons professionnels. C’est l’occasion pour nous de présenter aux cavistes, restaurateurs, grossistes et importateurs les vins actuellement en vente et ceux en devenir (le millésime 2010). Deux rendez-vous à noter :

Le Salon Millésime Bio, qui a lieu à Montpellier du 24 au 26 janvier. Nous serons présents sur le stand 146 dans le Hall 12

La dégustation organisée par le collectif La Renaissance des Appellations, qui a lieu à Angers, aux Greniers Saint Jean le samedi 29 janvier de 15 heures à 19 heures et le dimanche 30 janvier de 10 heures à 19 heures.

Le domaine reste ouvert pendant cette période. En effet Jean-Daniel sera là pour vous accueillir.