Résidus de pesticides, suite

29 03 2008

Voici, de façon non exhaustive, mais argumentée visuellement, les différences, avantages et inconvénients, entre une vigne travaillée en culture biologique et une vigne non travaillée avec traitements par pesticides.
Sol de vignes non cultivées et desherbées avec des herbicides

A droite, sol de vignes cultivées en bio

More…More…More…
A droite vignes desherbées avec des herbicides, sol non cultivé

Avantages : moins de passages avec le tracteur, pas de concurrence entre la vigne et l’herbe, le sol, tassé et dur permet aux tracteurs de passer facilement. Le visuel de “vignes propres” semble rassurant.

Désavantages : voir articles sur les résidus de pesticides, disparition de la vie biologique du sol, obligation d’enrichir le sol avec des engrais de synthèse, développement en surface des racines, sécheresse, érosion des sols, asphyxie.

A droite, couvert végétal d’hiver, vignes cultivées où l’herbe sera bientôt enfouie par un labour de printemps

Avantages : la vigne plonge chercher ses nutriments en profondeur (le terroir n’est pas dans les 10 cm de surface…), respect de la faune et de la flore, de la vie biologique du sol et des insectes. Frein pour l’érosion, concurrence maîtrisée. Meilleure résistance à la sécheresse et les sols supportent mieux les périodes de pluie qui ne stagne pas (comme sur un sol asphyxié). Apport de matière organique

Désavantages : de nombreux passages sont nécessaires les années de forte pousse. Une surveillance de la pousse de l’herbe est obligatoire pour ne pas être envahi.



Cheminons en Champagne

29 03 2008
Je vous invite à découvrir le blog d’un collègue qui lui aussi élabore des fines bulles…en Champagne. Et vous découvrirez que certains, là-bas aussi, ont l’envie, le courage et l’ambition de produire et vinifier autrement : http://blogfranckpascal.over-blog.com/
Récits d’une vie de vigneron totalement amoureux de son métier, anecdotes, beaucoup de poésie et de riches infos…Allez zou, c’est parti !


Des résidus de pesticides dans le vin. Ah tiens ?

28 03 2008

C’est colère que je reviens, comme chaque jour, d’une promenade avec mon chien. Je traverse sans joie des hectares de champs à la couleur jaune-orange, où l’herbe a été brûlée par les herbicides. Et dans les vignes, même combat. Je traverse des hectares de sols lunaires, compactés, et qui puent. Et à la colère s’ajoute mes pauvres misères de santé. Pas de bol, je suis allergique, non pas aux pollens, aux poils de bêtes en tous genres ou encore aux déchets d’acariens. Non, juste aux polluants d’origine pétro-chimique : diesel et autres carburants, gaz en tous genres, molécules de synthèse des produits ménagers, aux parfums de synthèse et bien sûr…aux pesticides ! Si j’ai le malheur de passer à côté d’un tracteur en train de traiter ou juste après traitements, je peux m’enfermer avec mon antihistaminique et ma Ventoline. C’est comme ça. Et je ne suis pas la seule, hélas, les salles d’attente des médecins se remplissent de patients qui tombent des nues quand ils apprennent à quoi ils sont allergiques, après des années de galère sans comprendre ce qui leur arrive. Et ça, ce n’est que ce que l’on respire…
Nous sommes de plus en plus nombreux à dire (et les études le démontrent) que l’on va au mur : pollution atmosphérique, pollution de l’eau, nitrates à gogo, allergies et cancers sont provoqués par tout ce qui sert uniquement les intérêts de ceux qui les fabriquent. Quitte à sortir un tracteur, autant que ce soit pour griffer ou labourer les sols plutôt que pour balancer des herbicides !  
De l’eau à mon moulin : voici un texte présentant une étude qui vient de sortir. Vous pouvez la trouver en intégralité à l’adresse : http://www.mdrgf.org/pdf/Rapport_vin_pesticide_fr.pdf
 Au final, c’est l’agriculteur, le viticulteur, sa famille et le consommateur qui trinquent…A notre santé !
BRUXELLES 26/03 (BELGA) - La grande majorité des vins consommés en Europe contiennent des résidus de pesticides, dont certains potentiellement cancérigènes, toxiques ou néfastes au développement ou la reproduction, à des niveaux parfois 5.800 fois plus élevés que ceux autorisés pour l’eau du robinet, affirme mercredi une étude.
Menée par une série d’organisations de défense de l’environnement et soutenue par les Verts européens, cette étude a analysé une quarantaine de vins produits essentiellement en 2002 en France, en Autriche, en Allemagne, en Italie, au Portugal, mais aussi en Afrique du Sud, en Australie ou au Chili. 34 vins étaient issus de l’agriculture conventionnelle, et 6 de l’agriculture biologique.
Selon les résultats des tests, l’ensemble des vins conventionnels étaient contaminés par des résidus d’en moyenne 4 pesticides différents, les plus contaminés en contenant jusqu’à 10, mais jamais au-delà des limites maximales autorisées. Un des six vins bio contenait lui aussi des résidus de pesticides.
“Il est toutefois à noter qu’il n’existe pas de limites pour le vin à proprement parler, mais qu’on se réfère à celles utilisées pour le raisin qui sont très élevées”, notent les auteurs.

Selon ceux-ci, le niveau de contamination par les pesticides autorisé dans le vin est ainsi sensiblement plus élevé que celui pour l’eau de distribution.
“Dans certains vins, on a trouvé des taux de pesticides jusqu’à 5.800 fois au-dessus des concentrations autorisées dans l’eau du robinet”, souligne François Veillerette, président du mouvement français pour le respect des générations futures (MDRGF). “Je sais que c’est généralement le contraire qui se pratique, mais si ce vin avait été transformé en eau, on n’aurait jamais pu la vendre…”.

Pour les organisations à l’origine de ce rapport, la présence de ces nombreux résidus dans le vin témoigne d’une utilisation très intensive de pesticides en viticulture, dont certains sont potentiellement cancérigènes, neurotoxiques ou néfastes aux capacités reproductives de leurs consommateurs.

“En France, la viticulture absorbe 20% de l’ensemble des pesticides utilisés, alors qu’elle ne représente que 3% de la surface agricole”, poursuit Français Veillerette.
Les auteurs ont examiné différents vins, allant du Bourgogne aux vins de Bordeaux, en passant par le Riesling ou du vin de la vallée du Douro, au Portugal. “Nous avons également examiné trois grands crus à 200 euros la bouteille, et tous contenaient des résidus de pesticides!”, ajoute Eliot Cannell, du Pesticides Action Network-Europe.
Pour le groupe des Verts au Parlement européen, ces résultats prouvent qu’un renforcement de la législation européenne sur les pesticides, actuellement en phase de révision au Parlement européen ainsi qu’au conseil des ministres européens, est nécessaire.
“Ce que nous voulons, ce n’est pas interdire tous les pesticides, mais les plus dangereux d’entre eux”, assure l’eurodéputée allemande Hiltrud Breyer (Verts), rapporteur du Parlement pour ce dossier qui sera bientôt soumis aux eurodéputés lors d’un vote en seconde lecture./.EDR/ALB/TAS
Source : Belga



Beaucoup d’émotions

27 03 2008

Lors de la très belle lecture que Blandine CLEMOT a faite du texte de Valérie ROUZEAU. Pas Revoir est un texte que l’auteure a écrit après le décès de son père, pour accompagner son deuil et lui rendre un dernier hommage. Dans un style léger, aérien, enfantin mais aussi sans aucun doute difficile d’accès en lecture solitaire, il a révélé, grâce au talent de Blandine, toute son intensité. Tout le monde fut captif et souvent bouleversé, touché par le pouvoir “cinématographique” et très évocateurblandine.JPG de ses mots. Un grand merci à Blandine, à tous ceux qui sont venus ce samedi soir et au Centre Régional du Livre à qui nous allons suggérer la création des Mille Lectures d’Eté, pourquoi pas ?



Encore un peu d’hiver, merci !

26 03 2008
On a eu chaud ! Après un mois de janvier et de février exceptionnellement doux, voici que la froidure de ces derniers jours nous sauve la mise. La vigne pousse dans les petits cocons doux et blancs de ses bourgeons. Non loin de débourrer, car la sève coule et fait pleurer les branches nouvellement taillées. Pas bon tout ça. Mais le jeu c’est un peu calmé depuis la semaine dernière. Et heureusement, car il reste à Jean-Daniel  presque un hectare à tailler. Finir les réparations et l’attachage de quelques branches rebelles à une taille courte. Et tailler quand verdissent les bourgeons, ce n’est vraiment pas une sinécure. Au risque d’endommager les jeunes pousses et de perdre la récolte promise.
La calme règne dans nos cervelles de fin octobre (après les vendanges) à maintenant. Puis le sommeil va se faire un peu moins lourd au fil des appréhensions qui croissent, en parallèle de l’avancée de la saison. Gels de printemps, grêles d’été ou de veille de vendanges. Insectes trop gourmands, météos capricieuses mélées de trop de pluie et d’orages sournois. Champignons avides qui peuvent dévaster quelques hectares. Trop sec, trop chaud, pas assez chaud. Les anciens nous disent que l’on s’habitue. Les urbains comprennent peu notre peur du ciel, sauf quand c’est canicule ou un été tordu sans été. Cela fait partie de notre vie, paramètre déterminant et incontournable. Nous sommes chaque jour de la semaine devant nos bulletins météo sur internet ou l’oeil rivé au cieux d’ouest, au grain qui monte, attentifs au pluviomètre ou au thermomètre. Cela ne change rien à ce qui arrive. C’est vrai. A l’heure où j’écris ce court billet, une rabaste d’eau glacée s’effondre sur le toit. Nous n’y pouvons rien. Je pense juste à mon homme, plié sous la pluie drue, les bottes dans la terre collante et qui va rentrer trempé comme une soupe. Un temps à ne pas mettre un chien dehors. Et le chien, lui, il dort…


Mille lectures d’hiver

3 03 2008

Pour tous ceux qui étaient venus au domaine l’année dernière, et à tous les autres, nous vous annonçons que nous accueillons de nouveau les “mille lectures d’hiver” organisée pour la seconde fois par Le Centre Régional du Livre.
Nous avons le plaisir de recevoir Blandine CLEMOT qui lira Pas revoir, un texte de Valérie ROUZEAU,
Samedi 22 mars à 17 heures.
Nous vous rappelons les modalités de cette manifestation : du 6 décembre au 31 mars, des comédiens, conteurs ou lecteurs professionnels viennent au domicile de gens comme vous et moi pour lire des textes d’auteurs contemporains (et vivants).
Chacun est reçu en toute convivialité, peut débattre du texte avec le lecteur et le tout est servi autour de réjouissances à boire et à manger.
Bref, c’est fort sympathique et totalement original.
Pauline SOUPLET, de la société BIOLINET, située à Montlouis, viendra après la lecture vous présenter toutes ses prestations : abonnement à des paniers de légumes BIO, livraison et le détail du fonctionnement de son  magasin où elle ne propose que des produits BIO locaux.

Nous vous attendons nombreux pour cette lecture, suivie d’une visite technique du domaine et d’une dégustation autour d’un buffet de mets locaux et bio, fournis par Pauline !
Pour mieux gérer votre accueil, date limite de réponse le mercredi 19 mars, merci de votre compréhension. Tel : 02 47 45 18 30



Vive le fromage

23 02 2008
Amateurs de bons fromages et de bons vins, nous vous donnons rendez-vous lundi 3 mars au restaurant L’Affiné 66 Rue Colbert à Tours. Repas et dégustation découverte de nos vins : 30 € par personne
Réservation au 02 47 61 32 34


“Bio” carburant

29 01 2008

Qui n’a rien de “bio” - il serait plus exact de dire “agro” carburant - mais qui en porte, hélas, le nom. Et porte atteinte aux fondements même de l’usage de la terre, qui est à mon avis, celle de nourrir les hommes, avant de produire de l’énergie. Qui coute cher, en terme de pesticides, d’engrais et d’eau, donc de mise en danger de l’environnement, afin de produire ce type d’énergie. Un exemple parlant : le Mexique, grand producteur de maïs, ne pourra bientôt plus nourrir sa population, dont c’est pourtant l’aliment de base. Devenu très cher, donc de moins en moins accessible à la population, le maïs part aux Etats Unis pour faire tourner les moteurs des voitures.
Il faut 200 kg de maîs pour faire le plein d’un 4X4. 200 kg de maïs nourri un mexicain pendant un an. (source Arte, Le Dessous des Cartes sur les Etats Unis). Cela donne à réfléchir, mais c’est aux constructeurs de moteurs (avion, voiture, bateau) de réfléchir et d’envisager le développement de vraies alternatives au tout pétrole (ou éthanol). Les solutions existent (moteur à eau, air comprimé ou hydrogène). A suivre, vite !



La “bio” en danger

29 01 2008

A l’heure où le politique se targue de mesures au profit de la défense de l’environnement, du “développement durable”, les questions de fond sont bien sûr éludées. Et l’essence même de la bio est remise en question.
A savoir une réforme a minima de nos cahiers des charges en agriculture biologique.
Au tempo de Bruxelles, bien sûr.

Que ce soit en maraichage, en élevage, en arboriculture.
L’objectif étant de libéraliser au maximum les pratiques afin de réduire les contraintes et de rendre accessible aux “gros” de l’agro-alimentaire une part du gâteau qui leur échappe encore (mais de moins en moins). Une BIO INDUSTRIELLE quoi.

Les enjeux sont en France très importants car les normes mises en place au cours des vingt dernières années, difficilement parfois, sont remises en questions et sont, dans notre pays, les plus drastiques et sévères en Europe. Nous sommes donc très peu soutenus à Bruxelles et faisons encore office de bons gaulois résistants.
Quelques exemples : la tolérance des OGM en deçà de 0.9 % (facile à vérifier bien sûr…et la porte ouverte à un pourcentage plus important). Des contrôles moins exigeants, l’âge d’abattage des animaux, leurs conditions d’élevage, une flexibilité différente d’un Etat à l’autre, l’accès aux pâturages pour les herbivores remise en cause etc…

Plus globalement, c’est l’éthique même de la bio qui est en danger. Détruire ce qui a aujourd’hui la confiance des consommateurs pour réduire à néant les efforts collectifs qui ont été réalisés. Voilà ce qui nous menace sérieusement.

Au point que la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique envisage la mise en place d’un label bio français indépendant.
Nous n’en sommes qu’au début du parcours du combattant. Car sur quels critères le mettre en place et qui est d’accord (en gros parmi les bios français, combien ne souhaitent pas un allègement des cahiers de charges) ?
Affaire à suivre…



La Revue des Vins de France voit blanc

23 01 2008

Le numéro de février 2008 annonce la couleur et présente “la nouvelle garde des Vins de Loire”. Montlouis “la plus explosive aventure viticole actuelle en France” y est célébrée au travers de la jeune génération présentée comme (je cite encore) “une bande de néo-vignerons qui n’ont souvent pour toute fortune que la fidélité de leur banquier, leur ami choisi ou forcé de trente ans. Mais ils possèdent une chose devenue rare : un réel plaisir du travail de la terre (la concentration de vignerons bio est ici impressionnante), choisi par amour initial du vin. ce sont des mateurs avant d’être des professionnels, nous le sentons dans le bonheur que procurent leurs vins”.
Côté dégustation :
14.5/20La Nef des Fous sec 2005 (je pense qu’il s’agit du 2006 car le 2005 est épuisé ?)
Un vin généreux “nature”, mais pas encore en place. Bonne “rétro” minérale, boire sans se presser

15/20 La Nef des Fous Moelleux 2005
Une immense générosité qui s’exprime dans une texture savoureuse. Comme pour le sec, un rien de rigueur et de précision dans l’affinage serait souhaitable.

Ces commentaires rejoignent ceux présentés dans le Guide D’achat Malin de la RVF 2008 où nous sommes parmi les Découvertes Nouveaux Talents
Le Chemin des Loges sec 2006 : un Montlouis sec, fruité, net, précis dans ses arômes et ses saveurs, qui confirme un haut respect de la vendange et une expertise dans le pressurage. Ses saveurs d’agrumes fines et sa finale crayeuse lui donnent de la tonicité. La cuvée La Nef des Fous est aussi admirable.

et l’édition Spéciale Millésime 2006 (parue en juin dernier)
La Nef des Fous 2006 : ce vin a du souffle, de la fraîcheur, une finale sérieuse bien droite.